360 km sur la Seine en pédalo, de Paris jusqu'au Vieux Bassin d'Honfleur. 16 jours, des écluses, des courants de marée et des péniches de 5 000 tonnes.
"Pourquoi faire simple quand on peut pédaler sur l'eau pendant deux semaines ?" C'est la question que je me suis posée chaque matin en voyant le courant de la Seine défiler sous mes pieds.
Le départ s'est fait depuis l'île de Puteaux, aux portes de Paris. L'objectif : rejoindre le Vieux Bassin d'Honfleur, là où la Seine se jette dans la Manche. La Seine fait d'énormes boucles — entre Paris et la mer, il y a 180 km à vol d'oiseau, mais plus de 360 km par l'eau.
Paris → Conflans-Sainte-Honorine : La sortie de la zone urbaine. Bateaux-mouches et trafic fluvial intense.
La Roche-Guyon : Un passage magnifique au pied des falaises de craie. La Normandie commence à se faire sentir.
Vernon et Les Andelys : La plus belle portion, avec le Château Gaillard qui surveille de haut. Le courant aide, mais le vent de face est traître.
Rouen : Une étape technique. Passer sous les ponts géants de Rouen en pédalo, c'est se sentir comme une fourmi sur une autoroute.
L'estuaire → Honfleur : La partie la plus sauvage et la plus périlleuse.
On ne rigole pas sur une voie navigable de "Classe V". Pour obtenir l'autorisation de VNF (Voies Navigables de France) : radio VHF obligatoire pour communiquer avec les éclusiers, gilets de sauvetage, feux de signalisation. Et toujours naviguer sur les bords, hors du chenal principal — les convois de 5 000 tonnes ne freinent pas pour un pédalo.
Sur 360 km, on passe par de nombreuses écluses. Chaque passage est une petite négociation avec l'éclusier — certains nous regardaient avec des yeux ronds, d'autres avec un grand sourire. Il fallait hisser le pédalo à la main sur les flancs de l'écluse, attendre que l'eau monte ou descende, puis repartir. Un rituel qui rythme les journées.
Le pédalo offre une prise au vent énorme. Par vent de face, même en pédalant comme un acharné, on fait du sur-place. À partir de Rouen, s'ajoute la gestion des courants de marée : la Seine subit l'influence de l'océan très loin dans les terres. Il fallait calculer les heures de départ précisément pour profiter du courant.
La magie de la lenteur. En pédalo, on ne fait peur à personne — on fait sourire tout le monde. Des pêcheurs, des plaisanciers, des habitants curieux. Du café, des pommes, et parfois un coin de pelouse pour planter la tente. Une bienveillance spontanée qui rend ce mode de voyage si riche.
Entrer dans le Vieux Bassin d'Honfleur après 16 jours d'efforts, c'est indescriptible. On prouve que l'aventure n'est pas une question de vitesse ou de technologie, mais de persévérance. Si vous avez une idée qui semble idiote au premier abord, c'est probablement qu'elle vaut le coup d'être vécue.
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