Eau · 2019

Madagascar en radeau bananier

35 km · Madagascar

Descendre la rivière Faraony à Madagascar sur un radeau construit en troncs de bananiers — 35 km, 3 jours, des crocodiles et une arrivée accueillie par 30 villageois.

Madagascar en radeau bananier

Imaginez-vous au cœur de la jungle malgache, face à une rivière sauvage, avec pour seule embarcation quelques troncs de bananiers liés entre eux. C'est le défi qu'ont relevé Capitaine Rémi et Justin Van Colen. Entre ingénierie de fortune, peur des crocodiles et rencontres humaines bouleversantes, retour sur cette expédition hors du commun.

Pourquoi la rivière Faraony ?

L'objectif était de découvrir Madagascar loin des sentiers battus, en s'immergeant dans la "terre rouge". La rivière Faraony, située dans l'est de l'île, est un axe vital mais totalement enclavé pour les populations Betsileo et Antaimoro. C'est une région où les routes n'existent pas : le fleuve est l'unique moyen de transport. Choisir ce lieu, c'était accepter une déconnexion totale et un engagement physique intense.

Comment est née l'idée du radeau en bananier ?

À l'origine, Rémi et Justin avaient prévu de construire un radeau en bouteilles plastiques pour sensibiliser à la pollution. Paradoxalement, la région était si isolée qu'ils n'ont pas trouvé assez de déchets plastiques ! Ils ont donc dû s'adapter aux ressources locales. Guidés par les villageois d'Ampasimanjeva, ils ont opté pour le bananier. Bien que lourd car gorgé d'eau, le tronc de bananier emprisonne suffisamment d'air pour flotter... du moins temporairement.

Un chef-d'œuvre d'ingénierie vernaculaire

Six troncs massifs de bananiers, zéro clou, zéro corde synthétique. Les troncs sont reliés par des traverses en bois rigide insérées directement dans les fibres tendres du bananier. Construction en moins d'une journée grâce à l'aide des jeunes du village. Le principal inconvénient ? Le bananier est hydrophile — il absorbe l'eau comme une éponge, s'alourdissant d'heure en heure et finissant par s'enfoncer inexorablement.

Des crocodiles sous le radeau

Le danger n'était pas seulement technique, il était aussi animal. Les aventuriers ont appris, une fois sur l'eau, que la rivière Faraony est infestée de crocodiles. Naviguer sur une structure dont le pont affleure à peine la surface rend chaque remous terrifiant. À cela s'ajoutent l'épuisement physique, la chaleur tropicale et les pannes du matériel de tournage causées par l'humidité extrême.

Des rencontres humaines bouleversantes

Voir deux "Vazas" (étrangers) sur un radeau de fortune est une scène surréaliste pour les habitants. L'utilisation d'un drone a même provoqué des scènes de panique dans certains villages, les femmes fuyant ce qu'elles prenaient pour une arme. Cependant, l'hospitalité a rapidement pris le dessus : des pêcheurs venaient partager leur poisson, et les échanges, facilités par leur traducteur Didy, ont révélé une immense richesse humaine malgré le dénuement matériel.

La fin du voyage

Après trois jours et 35 kilomètres, le radeau a atteint ses limites. Saturé d'eau, son poids avait triplé. En arrivant sur le Canal des Pangalanes, l'embarcation était devenue trop lourde pour manœuvrer. Les explorateurs ont dû l'abandonner pour finir le trajet en pirogue traditionnelle — accueillis à l'arrivée par une trentaine de villageois. Cette aventure a donné naissance au film documentaire J'irai pagayer à Madagascar.

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Infos

  • Année 2019
  • Distance 35 km
  • Durée 3 jours
  • Pays Madagascar
  • Type Eau
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